Something wrong ?
La construction de mon travail photographique prend sa source dans mes déambulations et déplacements quotidiens. Matrices d’idées et de possibles qui me conduisent à photographier dans un aller-retour entre une captation du réel et une mise en scène de celui-ci.
D’abord intéressé par l’espace de la ville comme espace métaphorique, j’ai photographié, extrait, constitué comme un lexique des entités/espaces provenant de la surface de celle-ci, éléments «génériques», bris de verre, poubelle brûlée, débris divers, graffitis,...
L’intérêt que je portais à ces entités se plaçait dans la question de leur absorption par le paysage, dans la compréhension de leur «forme informe» et dans la façon qu’ont ces éléments composites, en créant une ouverture dans le paysage, de développer une forme nouvelle qui n’est ni un objet nommable ni un éclatement indéfini et pourtant reconnaissable.
Mon travail a glissé petit à petit vers des formes plus narratives, combinant des signes, codes, objets, lieux, …, créant des images fictionnelles qui se jouent de ce que l'on pourrait définir comme une
« imagerie collective ».
Ces images se développent comme des séquences télescopant styles, genres, sujets, pouvant aller jusqu’au cliché et au lieu commun.
En jonglant avec différentes typologies, je cherche le réel de l’image entre l’activation d’un regard subjectif et la sensation de réalité implacable que peut produire la photographie, sans désir d’absolu formel ou d’objectivité photographique.
A partir de ces différentes postures et en utilisant ce "vocabulaire collectif", j'essaie d'interroger, par l'arrêt, notre position d'individu, notre expérience et perception du monde dans des systèmes/structures où la vitesse de communication frôle celle de la lumière. Dans ce flux, notre corps perceptif devient préhistorique, et le temps d’appréhension obsolète.
Sous une apparente simplicité se mélangent nostalgie, solitude, où persiste la sensation de quelque chose d’étrange, qui cloche.
Sébastien Basdevant
Mai 2009